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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 16:00

La question me poursuit : je me souviens très bien que jeunes nous avions aussi cette fascination , que le mot hantait nos conversations, que l’idée était séduisante. Quelle horreur ! je me demandais si le taux avait augmenté, car enfin nous étions les premiers enfants de la Crise, du chômage et du sida… l’époque pour des adolescents n’était guère plus encline  aux réjouissances…

 

« Depuis les chocs pétroliers, le suicide des jeunes augmente et celui de leurs aînés se maintient ou diminue. Le suicide accompagne les mouvements de la société. Il est en hausse lors des crises économiques, en baisse pendant les guerres. Il a crû avec le développement industriel du XIXe siècle, mais diminué avec l'expansion économique du xxe. L'enquête souligne combien les modèles souffrent d'énormes exceptions. Ainsi l'Inde, la Chine, la Russie sont-elles les seules nations qui réagirent au XXe siècle comme les pays occidentaux au xixc siècle. Ainsi les Chinoises échappent-elles à la norme en se suicidant plus que les hommes. Ainsi le Japon est-il l'unique pays qui connaît — jusqu'en 1995 — une baisse du suicide à tous les âges.

 

Stéréotypes, s'abstenir. L'étude du suicide permet de découvrir la face cachée de la planète, la force des héritages et la fragilité des apparences. Le déclin relatif du suicide au XXe siècle contredit une vision catastrophiste selon laquelle le développement économique n'aboutirait qu'à des formes exaspérées de l'individualisme, laissant chacun seul devant son destin. »

 

La face cachée de la planète donc, les mouvements de société… mais quelle société donnerait aux jeunes  (et aux autres ) un plus fort appétit de vivre ? quels projets forts ? quelles espérances ?
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 15:30

On a beau tenter de s ‘alléger à chaque changement de logement, en classant, fouillant, rangeant, on retrouve des choses qu’on n’avait pas pu jeter.. ainsi je retombe sur des articles parlant de sorties avec des gamins d’une autre époque, d’autres lieux .. j’avais alors surtout des classes de filles et il était usuel de les voir traîner à la récré ou le soir avec des envies évidentes de confidences : chagrins divers, grossesses, drames familiaux. Je ne sais pas si c’est la région, la différence socio-culturelle  (même si j’entends que les foyers corses ont des revenus de 800€ -on comprend que les poches soient vides à la fin du mois !)mais les langues se déliaient volontiers. C’était lourd pour moi, difficile dans les cas violents mais pour les soucis on va dire plus « adolescents », j’étais plus proche en quelque sorte des jeunes. Peut-être parce que la différence d’âge était moins creusée alors, que mon comportement était différent ? ou le Nord est moins pudique pour parler de soi (la fameuse « loi du silence » locale) ? Ou parce que c’était des filles ??? elles se confiaient, et j’entendais le mot suicide, leitmotiv, fascination de cet âge complexe. J’ai vu beaucoup de poignets lacérés de cicatrices, exhibés comme des trophées, avec la lueur de défi… maladroitement ,je leur vantais la vie, puis on parlait d’elles et c’est sûr j’avais avec ces jeunes des relations humainement fortes… j’ai fui aussi pour ça, les histoires d’inceste me laissaient pantelante. Toutes ces horreurs, les pleurs…les détails sordides. Là-haut c’est comme ça, on est confronté à cette misère-là, née de l’alcool et du chômage. Je ne veux pas renier cette région, la noircir à dessein mais il faut être conscient des ravages des délocalisations, de la robotisation dans les pays ouvriers, reculés…Ici ce sont des garçons, aucun ne prononce le mot. Est-ce que c’est parce qu’ils n’y pensent pas ? je le souhaite. 

«  Avec 1 000 décès par an, le suicide est, derrière les accidents de la route, la seconde cause de mortalité chez les adolescents. Selon une étude de l’INSERM, 8% des filles et 5% des garçons font une tentative de suicide à l’adolescence. On compte environ un décès pour 80 tentatives. »

 

Les chiffres semblent confirmer ce que je vis, mais quand même…  Ecouter sans remplacer les parents, les personnels qualifiés (car enfin j’étais très désemparée devant les cas extrêmes !)… c’est malaisé de mettre la marge au bon endroit, ni familier , ni lointain.. Vu qu’on passe notre temps à tenter un semblant d’éducation avec un tout petit « e », comment entendre les crissements entre les excès de cet âge (exaspérants, attendrissants) et les véritables douleurs…

 

Qu’on m’explique, je ne sais pas….
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 07:57
« Puisque nous sommes seuls, je vais vous séduire. —Vous êtes ignoble. — Bien sûr, sourit-il. Mais dans trois heures, les yeux frits comme je vous l'ai promis… »

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 07:35

"Iles
Iles
Iles où l'on ne prendra jamais terre
Iles où l'on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu'à vous"

Blaise Cendrars, Feuilles de route

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 07:08

Sans autre savoir étymologique que mon désir du sens des mots que j’aime, et rêvant sur leur charge de secret comme s’y prendrait l’amant, contemplant en l’épelant la forme de l’aimée, jusqu’à ce qu’elle révèle la nature singulière de l’âme qu’elle tient close et celée, je lis dans l’insula du latin comme dans l’isola de l’italien [isula en corse], la racine de solitude qui a disparu de l’île du français. Et je tiens absolument à lire dans solitude, la conjonction, à l’infini, du soleil et de la terre, selon toute l’ambivalence du radical sol, le soleil, mais aussi le sol sur lequel nous marchons et que nous cultivons- radical qui est le même que solus, le seul, esseulé, solitaire, isolé, sola, au féminin, qui appelle, même s’il n’existe pas, pour dire l’île, le mot in-sola, l’intériorité ou territoire intérieur de celle qui est seule, en sorte que la voie est ouverte pour que l’île devienne, au féminin, la métaphore de la solitude. Je dirai que l’île figure la solitude même de la féminité -la solitude, chez l’homme, de l’anima, qui est sa part d’être-femme. Et je n’oublie pas, non plus, le neutre solum, celui de notre socle terrestre, de notre assise tellurique, mais aussi de la fécondité naturelle -et l’on parle alors d’un sol pauvre, d’un sol ingrat, ou d’un sol riche, gras et fertile. Enfin ce solum de la solidité, me ramène en mémoire la conjugaison du verbe soleo, solere, qui signifie avoir l’habitude de, ce qui fait que solitum désigne ce qui est habituel. Et si je rapproche cet adjectif-participe de solitudo, solitude mais aussi délaissement, abandon, privation j’entends que cette terminologie négative et douloureuse évoque réellement, en son fond étymologique, le lot commun de l’humanité : ce qui est habituel, c’est d’être en état de manque et d’être abandonné -comme si l’humain n’était humain qu’en vertu de l’inhumaine déréliction qui préside à son destin, d’avoir été rejeté et par le Soleil-Dieu (Sol) et par la Terre-Mère (Solum) en sorte que la solitude (solus) désormais n’a d’âme, au féminin, qu’insulaire (insula), écartée de tout, tranchée au vif de ses racines, expulsée de la béatitude de l’inconscience prénatale. »

Claude Louis-Combet, D’île et de mémoire,

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 07:06

Premier manège : avertis la bonne femme que tu vas la séduire. Elle reste par défi pour assister à la déconfiture du présompteux

.Deuxième manège : démolis le mari.

Troisième manège : joue-lui la farce de la poésie. Fais le grand seigneur insolent, le romantique hors du social pour qu'elle déduise que tu es « de l'espèce miraculeuse des amants, le contraire d'un mari à laxatif, une promesse de vie sublime ». Joue la comédie du Don Juan, le demi-dieu d'apparence dont on camoufle les misère quotidiennes : mauvaise haleine du matin, tignasse de clown ébouriffé, waters et intestins, brosse à dent, pantoufles

  Quatrième manège : joue-lui la farce de l'homme fort. Le coq claironne pour qu'elle sache que c'est un dur à cuire, le « babouin » se tape la poitrine. Virilité, danger, domination, affirmation, assurance, énergie, avec du caractère, menton volontaire, costaud, coq prétentieux ayant toujours raison, ferme en ses propos, implacable. Bref pour qu'elles tombent en amour, il faut qu'elles te sentent tueur virtuel et capable de les protéger. Car la force, qu'est-ce en fin de compte que le vieux pouvoir d'assomer le copain préhistorique au coin de la forêt vierge d'il y a cent mille ans ?

 

 

Cinquième manège : sois cruel. Mais avec du tact et de la mesure. Tu le lui feras sentir que tu peux être cruel, entre deux courtoisies, par un regard trop insistant, par le fameux sourire cruel, par des ironies brusques et brèves ou par quelque insolence mineure, ou encore par un masque subitement impassible, des airs absents, une surdité soudaine. Si par malheur tu commettais la gaffe de ne plus être méchant elle ne t'en ferait pas grief mais elle commencerait à t'aimer moins. Primo parce que tu perdrais de ton charme. Secundo parce qu'elle s'embêterait avec toi, tout comme avec un mari. Tandis qu'avec un cher méchant on ne baille jamais, on le surveille pour voir s'il y a une accalmie, on se fait belle pour trouver gâce, on le regarde avec des yeux implorants, on espère que demain il sera gentil, bref on souffre, c'est intéressant.

Sixième manège : montre-toi vulnérable. Si tu veux être aimé à la perfection, tu dois en outre faire surgir en elle la maternité. Neuf dixième de gorille et un dixième d'orphelin lui font tourner la tête.

  Septième manège : méprise-la d'avance. Un maître qui les tombe toutes. L'inconscient veut le mépris.

Huitième manège : fais-lui des égards et des compliments. Le conscient veut des égards. Méprise des autres, exalte et admire l'unique. Fais-lui des compliments massifs. Vaniteuses ? oui, mais surtout si peu sûres d'elles qu'elles ont besoin d'être comprises et rassurées.

Neuvième manège : joue à la sexualité indirecte. Qu'elle te sente un mâle devant une femelle. Viols si mineurs qu'elles ne pourra se rebiffer et qui d'ailleurs, les convenances étant sauves, ne lui déplairont pas : prends-lui la main lorsque personne ne regarde, vole-lui un baiser.

 Dixième manège : mets-la en concurrence.

 

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 06:30

Il pleut. Le bruit du vent, une voiture qui chasse les flaques, le chat reste assis devant les baies vitrées d’un air préoccupé….la sieste au soleil en effet est compromise. Je lis « duan juan en sicile » , les hommes dans toute leur splendeur latine, un régal….

Après Les années perdues, où il brocardait la paresse et la veulerie des vitelloni siciliens, après Le Vieux avec les bottes, où il passait au peigne fin de son ironie le comportement de ses concitoyens pendant le fascisme et la Seconde Guerre mondiale, le plus satirique des écrivains siciliens — et l'un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle — s'attaque ici, dans des pages certes cruelles mais d'une infinie drôlerie, aux moeurs amoureuses du mâle sicilien ...

EXTRAIT

vitaliano

brancardi

Giovanni marchait avec une certaine émotion, à gauche et deux pas en arrière de la signorina Ninetta, lorsque celle-ci leva la tête et fut comme frappée de ravissement à la vue d'un personnage évidemment enchanteur. Pour qu'une femme le regardât ainsi, il fallait vraiment que ce personnage fût paré de toutes les qualités : beauté, vigueur, bonté, génie, jeunesse. Mordu par la jalousie et le désarroi, Giovanni se retourna pour voir qui pouvait bien être ce personnage. Mais derrière lui, il n'y avait personne : le regard de Maria Antonietta dei Marconella n'allait pas plus loin que lui : ce personnage, c'était bien lui. Dieu du ciel !

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 13:00
Le conte des empreintes

Depuis presque cent ans, le vieil homme marchait. Il avait traversé l’enfance, la jeunesse, mille joies et douleurs, mille espoirs et fatigues. Des femmes, des enfants, des pays, des soleils peuplaient encore sa mémoire. Il les avait aimés.

Ils étaient maintenant derrière lui, lointains, presque effacés.

Aucun ne l’avait suivi jusqu’à ce bout de monde où il était parvenu.

Il était seul désormais face au vaste océan.

Au bord des vagues il fit halte et se retourna. Sur le sable qui se perdait dans les brumes infinies, il vit alors l’empreinte de ses pas. Chacun était un jour de sa longue existence. Il les reconnut tous, les trébuchements, les passes difficiles, les détours et les marches heureuses, les pas pesants des jours où l’accablaient des peines. Il les compta. Pas un ne manquait. Il se souvint, sourit au chemin de sa vie.

Comme il se détournait pour entrer dans l’eau sombre qui mouillait ses sandales, il hésitat soudain. Il lui avait semblé voir à côté de ses pas quelque chose d’étrange. À nouveau, il regarda. En vérité, il n’avait pas cheminé seul.

D’autres traces, tout au long de sa route, allaient auprès des siennes. Il s’étonna. Il n’avait aucun souvenir d’une présence aussi proche et fidèle. Il se demanda qui l’avait accompagné.

Une voix familière et pourtant sans visage lui répondit : “C’est moi”.

Il reconnut son propre ancêtre, le premier père de la longue lignée d’hommes qui lui avaient donné la vie, celui que l’on appelait Dieu. Il se souvint qu’à l’instant de sa naissance ce Père de tous les pères lui avait promis de ne jamais l’abandonner. Il sentit dans son cœur monter une allégresse ancienne et pourtant neuve. Il n’en avait jamais éprouvé de semblable depuis l’enfance.

Il regarda encore. Alors, de loin en loin, il vit le long ruban d’empreintes parallèles plus étroit, plus ténu. Certains jours de sa vie, la trace était unique. Il se souvint de ces jours. Comment les aurait-il oubliés ? C’étaient les plus terribles, les plus désespérés. Au souvenir de ces heures misérables entre toutes où il avait pensé qu’il n’y avait de pitié ni au ciel ni sur terre, il se sentit soudain amer, mélancolique.

“Vois ces jours de malheur, dit-il j’ai marché seul. Où étais-tu, Seigneur quand je pleurais sur ton absence ?”

“Mon fils, mon bien-aimé, lui répondit la voix, ces traces solitaires sont celles de mes pas. Ces jours où tu croyais cheminer en aveugle, abandonné de tous, j’étais là, sur ta route. Ces jours où tu pleurais sur mon absence, je te portais.”© Henri Gougaud

très beau conte quand raconté notamment par lui..

http://www.alterites.com/cache/center_actualite/id_1461.php

 






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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 11:07

j'entends déjà les commentaires.. je revendique! mais bon je ne suis pas allée le débusquer dans les sous bois de l'automne mais bien sur la fenêtre, au milieu des fleurs.. hier minuscule,aujourd'hui il grossit à vue d'oeil... je ne sais pas ce que c'est , je veux dire, quel genre de champignon (un champignon, en mai? en plein soleil?)

Il me fait penser à la pochette de Tori Amos ("little earthquakes" sûrement un des albums que j'écoute le plus!)...

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 09:01

Les pattes en l'air:
Historiquement, la contestation par les jeunes femmes des années 20 de l'ordre corporel leur fit montrer les mollets, les genoux, jusqu'à les confondre avec des courtisanes : la prostituée est celle qui a les jambes en l'air. Le strip-tease (terme apparu en 1931), par effeuillage dès 1850, permet à l'intimité féminine de se révéler dans un frou-frou de jupons : la première star serait la Goulue, qui officiait au Moulin-Rouge. A la jambe, cela n'étonnera personne, est lié le pied et cette forme très particulière d'érotisme, voire ce culte obsédant et singulier de cette partie du corps, dans les diverses représentations de ses enveloppes vestimentaires, souliers, bottines, escarpins, collants. Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel et ses insolites séquences de fétichisme en sont une belle illustration...
Dénudée égale liberté ?
La nudité des jambes ne signifie pas forcément la liberté des femmes : en même temps qu'elles suivent les «diktats» de la mode plus que la révolution féministe en marche, les jambes nues libèrent le mouvement, organisent le regard d'autrui. Et traduisent le jeu par lequel elles montrent ou non une partie de la peau au regard et au jugement. Avec le collant inventé en 1959, on l'expose (la jambe) en la dénudant sans risque autre que visuel. Mais c'est bien l'apparition du bermuda, de la minijupe, du string qui étend le domaine de lutte de la jambe en l'incarnant dans la cuisse, le fessier, la chute du dos. Dans le regard des autres, cela signe une libération corporelle, sinon sexuelle, à travers une construction très masculine du corps féminin. Les jambes dénudées anticipent, font imaginer la chair par sa blancheur, comme Charles Denner dans l'Homme qui aimait les femmes : avec l'image des compas qui arpentent le monde, il prédit l'ouverture, le désir, la sexualité en suivant les jambes. Les montrer dénudées signifie «je te les montre pour que tu aies le désir de me toucher, sans forcément que cela soit possible».
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